SASU : Définition et Guide Freelance 2026
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société commerciale à associé unique qui offre une protection patrimoniale et un statut d'assimilé salarié au freelance.
Définition complète
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société commerciale à un seul associé. C'est la version unipersonnelle de la SAS, très populaire chez les freelances qui dépassent les plafonds de la micro-entreprise.
Le capital social minimum est de 1 euro. En pratique, un capital de 500 à 1 000 euros est recommandé pour la crédibilité auprès des banques et des clients.
Le président de SASU est assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale et bénéficie de la même couverture qu'un salarié : maladie, maternité, retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO.
Les cotisations sociales représentent environ 65 à 75% du salaire net versé. Pour 2 000 euros nets mensuels, la SASU dépense environ 3 400 euros charges comprises.
La SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) par défaut : 15% sur les bénéfices jusqu'à 42 500 euros, puis 25% au-delà. Une option pour l'impôt sur le revenu est possible pendant 5 ans.
Les dividendes sont imposés à la flat tax de 30% (12,8% d'impôt + 17,2% de prélèvements sociaux). Contrairement à l'EURL, les dividendes en SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
La responsabilité de l'associé est limitée aux apports. Ton patrimoine personnel est protégé en cas de faillite, sauf faute de gestion ou caution personnelle.
La SASU devient rentable à partir d'environ 70 000 à 80 000 euros de CA annuel. En dessous, les coûts de gestion absorbent une part trop importante des revenus.
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Pourquoi c'est important
La SASU est le statut préféré des freelances qui veulent combiner protection sociale solide et optimisation fiscale.
Son principal avantage par rapport à la micro-entreprise : la possibilité de choisir ta rémunération entre salaire et dividendes. Le salaire est déductible du résultat de la société, les dividendes sont soumis à la flat tax sans cotisations sociales supplémentaires.
Pour un freelance facturant 100 000 euros par an, cette flexibilité permet d'économiser plusieurs milliers d'euros de charges par rapport à un salaire intégral.
Le statut d'assimilé salarié offre aussi un avantage majeur pour ceux qui envisagent un prêt immobilier. Tu produis des fiches de paie et un contrat de travail, ce qui rassure les banques.
En revanche, le président de SASU ne cotise pas au chômage. C'est la contrepartie du statut d'assimilé salarié sans contrat de travail classique. Une assurance perte d'activité privée est fortement recommandée.
Les obligations comptables sont lourdes : bilan annuel, compte de résultat, liasse fiscale, approbation des comptes. Un expert-comptable est quasi indispensable, comptant entre 800 et 1 500 euros par an.
La création coûte environ 230 euros en frais incompressibles (greffe, annonce légale), auxquels s'ajoutent les honoraires si tu fais rédiger tes statuts par un professionnel.
La SASU peut facilement évoluer en SAS en accueillant de nouveaux associés, ce qui la rend idéale si tu envisages de développer ton activité au-delà du freelancing.
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Exemple concret
Hugo, développeur fullstack, facture 100 000 euros HT par an en SASU. Il se verse un salaire mensuel de 3 000 euros net.
Coût total du salaire pour la SASU : environ 5 100 euros par mois charges comprises, soit 61 200 euros par an.
Son bénéfice imposable est de 100 000 - 61 200 - 5 000 (frais divers) = 33 800 euros. L'IS à 15% (taux réduit PME) s'élève à 5 070 euros.
Le bénéfice net après IS est de 28 730 euros, distribuable en dividendes. Hugo paie la flat tax de 30%, soit 8 619 euros. Il touche 20 111 euros de dividendes nets.
Revenu total net : environ 56 000 euros pour 100 000 euros facturés (salaire + dividendes).
En micro-entreprise (si le plafond le permettait), il garderait 100 000 x (1 - 25,6%) = 74 400 euros avant impôt sur le revenu. Mais sans protection patrimoniale, sans retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et sans possibilité de prêt immobilier facilité.
Le choix dépend de tes priorités : revenu net maximum immédiat (micro) ou protection et optimisation à long terme (SASU).
Pièges à éviter
- Ne pas se verser de salaire pour économiser les charges sociales te prive de toute protection sociale. Sans rémunération, pas de cotisations retraite, pas de couverture maladie, pas d'indemnités journalières en cas d'arrêt. Un minimum de salaire est indispensable.
- Les coûts fixes d'une SASU (expert-comptable, frais bancaires, CFE) atteignent 2 500 à 5 000 euros par an, même avec un CA nul. Si tu factures moins de 70 000 euros, ces coûts mangent ta rentabilité et la micro-entreprise reste plus avantageuse.
- Le président de SASU ne cotise pas au chômage. En cas de perte de tes clients, tu n'as aucun filet sauf si tu as souscrit une assurance perte d'activité privée (environ 100 à 200 euros par mois selon ton revenu).
- Distribuer trop de dividendes et trop peu de salaire peut attirer l'attention de l'Urssaf. Si ta rémunération est anormalement basse par rapport à ton activité, un redressement est possible. Maintiens un équilibre crédible entre salaire et dividendes.
- Oublier de déposer les comptes annuels au greffe expose à une amende de 1 500 euros (3 000 euros en récidive). Le dépôt doit être fait dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice. Beaucoup de freelances en SASU découvrent cette obligation trop tard.
Questions fréquentes
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