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Statut freelance : choisis le bon en 5 minutes

Mis à jour le
Arbre décisionnel pour choisir le bon statut freelance en France

T’es décidé, tu veux te lancer en freelance. Tu ouvres Google, tu tapes “statut freelance”, et là c’est le drame. Micro-entreprise, SASU, EURL, portage salarial, tout le monde a un avis, personne dit la même chose, et toi t’es toujours paumé.

Respire.

Quand j’ai lancé mon activité en avril 2024, j’ai choisi la micro-entreprise. Depuis, j’ai fait 20 missions, mon TJM est passé de 240 € à 500 €, et j’ai creusé le sujet sous tous les angles. Dans 5 minutes, tu sauras exactement quel statut freelance choisir pour ta situation.

Pour une vision plus large de toute la transition, tu peux aussi consulter le guide pour se lancer en freelance, qui contextualise le choix du statut dans la stratégie globale du lancement.

Les 4 statuts freelance en un coup d’oeil

Illustration 3D d'un tableau comparatif avec quatre colonnes représentant les statuts freelance micro-entreprise, EURL, SASU et portage salarial

Avant de rentrer dans le détail, voici le panorama complet. Un tableau, 30 secondes, et t’as déjà une vision claire de chaque statut juridique freelance.

StatutCA maxCharges socialesProtection patrimoineComplexité
Micro-entreprise77 700 € (services)~22 % du CANon (patrimoine perso engagé)Très simple
EURLIllimité~40-45 % du bénéficeOui (limité aux apports)Moyenne
SASUIllimité~75-82 % du salaire verséOui (limité aux apports)Élevée
Portage salarialIllimité~45-55 % du CA (frais inclus)Oui (salarié)Zéro

La colonne qui fait mal, c’est “charges sociales”. En micro-entreprise tu paies 22 % de ce que tu factures, point. En SASU, faut sortir 75 à 82 % en charges sur chaque euro de salaire que tu te verses.

La différence est brutale.

Mais faut pas s’arrêter là. Les charges élevées de la SASU achètent une vraie protection sociale, quasi identique à celle d’un salarié. La micro-entreprise, c’est le minimum. T’as une retraite au rabais et zéro protection de ton patrimoine perso. Si ton activité plante avec des dettes, tes biens personnels peuvent trinquer.

Le portage salarial, c’est le choix “tranquillité absolue”. Tu factures, la société de portage gère tout l’administratif, tu reçois un bulletin de paie. Le prix de ce confort, c’est 45 à 55 % de ton CA qui part en frais et cotisations.

Pour creuser les chiffres exacts selon ton cas, le comparateur de statuts URSSAF te donnera une simulation personnalisée. Et si tu veux comprendre les différences légales entre chaque structure, la page sur les formes juridiques sur le site de l’INPI est la référence officielle.

Ton statut en 3 questions

Oublie les tableaux comparatifs de 47 colonnes que personne lit jamais.

T’as besoin de 3 questions, pas plus. Trois questions binaires, et à la fin t’as ton statut. On y va.

Question 1 : ton chiffre d’affaires dépasse 77 700 € ?

C’est LA question de départ, celle qui trie tout le monde.

Si tu fais moins de 77 700 € par an en prestation de services (ou moins de 188 700 € en vente de marchandises), la micro-entreprise est ton amie. Zéro complication, tu factures, tu payes tes charges, tu dors tranquille. Si t’as un doute sur les seuils officiels de la micro-entreprise, va vérifier directement à la source, ça prend 30 secondes.

Pour tout comprendre sur ce régime, j’ai écrit un guide complet de la micro-entreprise qui détaille tout de A à Z.

Si ton CA dépasse le plafond, la micro c’est mort. Passe à la question 2.

Question 2 : tu veux protéger ton patrimoine personnel ?

Là on parle de ton appart, ta caisse, ton épargne.

Si tu veux que tes biens perso restent intouchables en cas de pépin, tu crées une société. EURL ou SASU, ta responsabilité est limitée à ce que t’as mis au capital. Un client qui te poursuit ne peut pas saisir ta baraque.

Si tu t’en fiches, tu peux rester en EI au régime réel. Mais franchement, pourquoi prendre ce risque ? Pour économiser 200 € de frais de création ? Mauvais calcul.

Question 3 : tu préfères payer moins de charges ou avoir une meilleure couverture sociale ?

C’est la question qui sépare l’EURL de la SASU.

Moins de charges → EURL. Tu es au régime TNS (travailleur non salarié), tes cotisations sociales tournent autour de 40 à 45 % de ta rémunération. C’est correct, t’as une couverture de base, et tu gardes plus dans ta poche.

Meilleure protection → SASU. T’es assimilé salarié, tu cotises entre 75 et 82 % sur le salaire que tu te verses. Oui, ça pique. Mais ta retraite, ta sécu, tes indemnités journalières, tout ça est au niveau d’un salarié classique. Et surtout, c’est le move si tu veux cumuler avec l’ARE.

Zéro paperasse → portage salarial. Une société de portage gère tout pour toi, mais ça coûte entre 45 et 55 % de ton chiffre d’affaires. T’as un bulletin de paie, t’as la sécu, t’as rien à gérer. Le prix de la tranquillité.

Trois questions, un statut. Simple.

Ce que chaque statut change concrètement

T’as identifié ton statut avec les 3 questions. Maintenant voilà ce que ça donne dans la vraie vie, avec des vrais chiffres.

Micro-entreprise : le starter pack

Le principe est limpide : tu payes 22 % de charges sur ton chiffre d’affaires en prestation de services, 12,3 % en vente de marchandises. C’est tout.

Pas de TVA à facturer tant que tu restes sous 37 500 € de CA annuel grâce à la franchise de base. Ta comptabilité, c’est un tableur et un compte bancaire dédié.

Le piège que personne te dit au début : tu ne déduis aucune charge. Zéro. Ton ordi à 2 000 €, ton coworking, tes logiciels, tout ça tu le payes sur ton CA sans rien récupérer. Si t’as beaucoup de frais pro, la micro te coûte plus cher qu’une société.

EURL : le compromis charges/protection. Tu passes au régime TNS avec des cotisations de 40 à 45 %, mais cette fois tu déduis tes frais réels avant de calculer ta rémunération. Tu peux opter pour l’impôt sur les sociétés et te verser un mix salaire/dividendes. C’est le sweet spot si ton CA tourne entre 80k et 150k par an.

SASU : la Rolls de la protection. T’es assimilé salarié, avec les mêmes droits qu’un CDI classique au niveau des régimes sociaux. Les charges sur ton salaire montent à 75-82 %, c’est violent, mais tu peux optimiser avec des dividendes soumis à la flat tax de 30 %. Le vrai avantage : tu cumules ton ARE avec tes dividendes si tu sors d’un CDI.

Portage salarial : zéro admin, zéro risque. La société de portage prend entre 45 et 55 % de ton CA entre ses frais de gestion et les charges sociales. T’as un contrat de travail, un bulletin de paie, l’assurance chômage. Si tu veux comprendre exactement ce que ça te coûte, j’ai décortiqué le coût réel du portage salarial dans un article dédié. C’est la rampe de lancement parfaite pour tester le freelance sans quitter le monde du salariat.

Quand changer de statut (et comment)

Illustration 3D d'un panneau de signalisation à un carrefour avec des flèches pointant dans différentes directions

Selon l’INSEE, 84 % des créateurs choisissent la micro-entreprise au départ. C’est logique, c’est le chemin le plus court entre toi et ta première facture.

Mais y’a des moments où faut passer à autre chose.

Les signaux sont assez clairs : tu dépasses les plafonds (77 700 € en prestation de services, 188 700 € en vente), t’as pas le choix, c’est la loi. Tes charges réelles explosent l’abattement forfaitaire de 50 %, le régime réel devient plus intéressant. Tu veux protéger ta baraque et séparer ton patrimoine pro du perso, la société s’impose. Tu veux cumuler tes allocations chômage (ARE) avec ton activité en micro-entreprise, la SASU est ta meilleure amie.

Si t’es en micro et que ton TJM grimpe vite, fais le calcul. Quand tu commences à calculer ton TJM freelance au-dessus de 400-500 € et que les missions s’enchaînent, le plafond arrive plus vite que prévu.

La transition en elle-même, c’est pas sorcier : tu fermes ta micro, tu crées ta société via le guichet unique de l’INPI, tu transfères tes clients. Compte 2 à 4 semaines et quelques centaines d’euros. Le plus long c’est pas la paperasse, c’est de se décider.

Ce que tout le monde demande

Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur, c’est pareil ?

Oui. Exactement le même statut depuis 2016. Le terme “auto-entrepreneur” a été fusionné avec “micro-entrepreneur”, les deux désignent le régime micro-fiscal de l’entreprise individuelle. Si quelqu’un te parle de “différences” entre les deux, il est resté en 2015.

Peut-on changer de statut en cours de route ?

Oui, et c’est même recommandé. La majorité des freelances commencent en micro puis basculent vers une SASU ou EURL quand le CA décolle. La procédure passe par le guichet unique de l’INPI, faut compter 2 à 4 semaines et quelques centaines d’euros de frais. Rien d’insurmontable.

Quel est le statut le moins cher pour démarrer ?

La micro-entreprise, sans hésiter. Inscription gratuite, 0 € de charges quand tu ne factures pas, 22 % de cotisations sur le CA quand tu factures. Pas d’expert-comptable obligatoire, pas de bilan annuel. C’est le starter pack idéal.


Le statut freelance c’est pas un mariage, c’est un outil. Tu prends celui qui correspond à ta situation aujourd’hui, tu changes quand ça colle plus.

Perso j’ai commencé en micro-entreprise en avril 2024, mon TJM est passé de 240 € à 500 €, j’ai enchaîné 20 missions, et la micro fait toujours le taf. Le jour où elle me limitera, je basculerai. Pas avant.

Arrête de passer 3 mois à chercher le statut parfait. Le meilleur statut c’est celui qui te permet de facturer ta première mission. Le reste, tu ajusteras en route. Maintenant que t’as ton statut en tête, il te reste à fixer un prix qui te respecte.

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