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Quitter son CDI pour le freelance : la checklist complète

Checklist complète pour quitter son CDI et se lancer en freelance

T’y penses depuis des mois, tu calcules dans ta tête combien tu pourrais facturer à la journée, tu scrolles les profils de freelances qui affichent des TJM à 500 €, et chaque lundi matin tu te dis “c’est mon dernier dans cette boîte”.

Mais tu bouges pas.

Pas parce que t’as pas envie. Parce que t’as peur de te planter, de perdre ton salaire, ta mutuelle, ton confort. Et surtout, tu sais pas par où commencer.

Ce guide c’est la checklist que j’aurais voulu avoir quand j’ai quitté mon poste pour me lancer en freelance en avril 2024. Chaque étape, dans l’ordre, sans bullshit.

Démission, rupture conventionnelle ou congé : le bon mode de sortie

Illustration 3D d'une porte ouverte avec une mallette, symbolisant la sortie du CDI vers le freelance

La manière dont tu quittes ton CDI change tout. Tes droits au chômage, ton indemnité, ta sérénité financière pour les premiers mois, tout dépend du mode de sortie que tu choisis. Et là, y’a pas de place pour l’improvisation.

La rupture conventionnelle, le move idéal

Si tu peux l’obtenir, c’est le jackpot. La rupture conventionnelle te donne droit à une indemnité de départ ET à l’allocation chômage (ARE). C’est un accord amiable entre toi et ton employeur, t’as 15 jours de rétractation, et c’est clean juridiquement.

Le problème ? Ton employeur n’est pas obligé d’accepter. Faut négocier, expliquer ton projet, parfois attendre le bon timing. Mais c’est de loin la meilleure option si tu veux partir avec un filet de sécurité.

La démission : quand c’est ton seul choix

Si la rupture conventionnelle est refusée, reste la démission. Le hic : pas d’indemnité, pas de chômage sauf exception. Tu dois respecter ton préavis, entre 1 et 3 mois selon ta convention collective.

Il existe un cas particulier : la démission pour création d’entreprise. Si t’as au moins 5 ans d’ancienneté en continu et un projet “réel et sérieux” validé par France Travail, tu peux toucher l’ARE même en démissionnant. Faut monter un dossier solide, mais c’est possible.

Le congé pour création d’entreprise

L’option que personne ne connaît. Si t’as 24 mois d’ancienneté, tu peux demander un congé pour création d’entreprise : ton contrat est suspendu (pas rompu), tu testes ton activité freelance pendant 1 an renouvelable une fois, et si ça marche pas, tu reviens à ton poste.

Pas de salaire pendant le congé, mais pas de risque non plus.

C’est le plan B ultime si t’as encore des doutes.

Mode de sortieIndemnitéARERisque
Rupture conventionnelleOuiOuiFaible
Démission classiqueNonNonÉlevé
Démission création entrepriseNonOui (sous conditions)Moyen
Congé créationNonNon (contrat suspendu)Très faible

Tes droits au chômage : ce que tu gardes et ce que tu perds

C’est LA question qui bloque tout le monde. Et la réponse est simple : tout dépend de comment tu pars.

Avec une rupture conventionnelle, tu ouvres des droits à l’ARE (allocation de retour à l’emploi). La durée dépend de ton âge : 18 mois si t’as moins de 53 ans, 22,5 mois entre 53 et 54 ans, 27 mois à partir de 55 ans.

Le truc que beaucoup ignorent : tu peux cumuler ARE et revenus freelance. France Travail déduit 70% de ton chiffre d’affaires de ton allocation. Concrètement, si tu factures 2 000 € dans le mois, on te retire 1 400 € de ton ARE, le reste t’est versé normalement. Ça te permet de lancer ton activité sans être au régime sec.

Avec une démission classique ? Zéro ARE. Sauf si tu remplis les conditions de la démission pour création d’entreprise (5 ans d’ancienneté + projet validé).

Faut pas se mentir : l’ARE c’est ton carburant pour les 6 à 12 premiers mois. Sans ça, t’as intérêt à avoir un sacré matelas de trésorerie.

Quel statut juridique pour démarrer

Tu quittes ton CDI, tu crées ton activité. Et là, tu tombes dans le piège classique : passer 3 semaines à comparer SASU, EURL, micro-entreprise, portage salarial. Spoiler : dans 90% des cas, la réponse est la même.

Micro-entreprise : le choix par défaut

C’est le statut le plus simple et le plus rapide à créer. Inscription en 10 minutes sur le Guichet unique de l’URSSAF, comptabilité simplifiée, cotisations proportionnelles à ton CA.

En 2026, le plafond est à 77 700 € pour les prestations de services. Les cotisations sociales tournent autour de 21,1% de ton CA. Pas de CA, pas de charges.

C’est mathématique.

C’est le statut que j’ai choisi quand je me suis lancé en avril 2024, et j’y suis toujours avec un TJM qui est passé de 240 € à 500 €.

SASU, EURL ou portage : quand ça vaut le coup

Si tu prévois de dépasser les plafonds rapidement ou que tu veux une meilleure protection sociale, regarde du côté de la SASU ou de l’EURL. Plus de paperasse, un expert-comptable quasi obligatoire, des charges plus élevées, mais une vraie structure juridique.

Tu veux tester sans risque ? Le portage salarial te permet de facturer comme un freelance tout en gardant un statut de salarié. Mutuelle, retraite, chômage : tout est inclus. Le prix ? Une commission de 5 à 10% sur ton CA.

Pour choisir le bon statut sans te tromper, pose-toi une seule question : est-ce que tu vas dépasser 77 700 € de CA cette année ? Si non, micro-entreprise. Point.

ACRE, ARCE et trésorerie : ton filet de sécurité

Illustration 3D d'une checklist avec des coches, un calendrier et une tirelire, représentant les étapes de préparation avant de se lancer en freelance

Quitter un CDI sans filet financier, c’est du suicide professionnel. Voilà les trois leviers qui changent tout.

L’ACRE (aide à la création ou reprise d’entreprise) te donne une exonération de cotisations sociales pendant ta première année. Attention : elle n’est plus automatique, tu dois en faire la demande dans les 45 jours suivant la création de ton entreprise. Rate ce délai et c’est fini.

L’ARCE c’est l’option “cash direct”. Au lieu de toucher ton ARE mois par mois, France Travail te verse 60% de tes droits restants en deux fois. C’est un capital de départ qui peut représenter plusieurs milliers d’euros. Le piège : une fois que tu choisis l’ARCE, tu touches plus d’ARE mensuelle. Faut bien calculer avant de choisir.

Et la trésorerie ? Minimum 3 à 6 mois de dépenses perso et pro de côté. Pas 3 mois de salaire, 3 mois de dépenses totales : loyer, bouffe, mutuelle, abonnements, cotisations URSSAF. Si tu veux savoir exactement combien tu vas payer, j’ai détaillé toutes les charges freelance dans un article dédié.

La checklist des 6 mois avant de quitter

Quitter son CDI ça se prépare. Pas la veille, pas le mois d’avant, 6 mois avant. Voilà le plan.

6 mois avant :

  • Vérifie ton contrat de travail : clause de non-concurrence, clause d’exclusivité
  • Calcule ta trésorerie de survie (6 mois minimum de dépenses)
  • Commence à épargner agressivement
  • Identifie ta niche et ton offre freelance

4 mois avant :

  • Choisis ton statut juridique
  • Identifie tes premiers clients potentiels
  • Crée ton profil sur les plateformes (Malt, LinkedIn)
  • Fixe ton TJM de départ

2 mois avant :

  • Lance la négociation de ta rupture conventionnelle (ou pose ta démission)
  • Crée ta micro-entreprise sur le Guichet unique
  • Demande l’ACRE dans les 45 jours
  • Inscris-toi à France Travail

Le jour J :

  • Active ton profil freelance
  • Envoie tes premiers messages de prospection
  • Commence à facturer

Faut pas attendre d’avoir tout parfait pour te lancer. Mais faut avoir sécurisé les bases : trésorerie, statut, et au moins un ou deux prospects dans le pipeline.

Ce que tout le monde demande

Est-ce que je peux cumuler CDI et activité freelance ?

Oui, c’est légal, tant que ton contrat de travail ne contient pas de clause d’exclusivité. Tu peux créer ta micro-entreprise et commencer à facturer en parallèle de ton CDI. Par contre, obligation de loyauté : tu bosses pas pour un concurrent direct de ton employeur, et tu fais pas ça sur tes heures de travail.

Combien de trésorerie prévoir avant de quitter ?

Minimum 3 mois de dépenses totales, idéalement 6 mois. Pas 3 mois de salaire, 3 mois de tout ce que tu paies : loyer, charges, bouffe, abonnements, cotisations URSSAF. Si t’as l’ARE en plus, 3 mois suffisent. Sans ARE, vise 6 à 9 mois.

Faut-il un business plan pour se lancer en freelance ?

Non. Un business plan formel c’est pour lever des fonds ou convaincre une banque. Pour du freelance, t’as besoin de trois choses : savoir combien tu dois facturer par mois pour vivre, avoir identifié 2-3 prospects, et avoir choisi ton statut. Le reste tu l’apprends en faisant.


Quitter son CDI pour le freelance c’est pas un saut dans le vide. C’est un saut avec un parachute, à condition de l’avoir plié toi-même.

T’as la checklist, t’as les étapes, t’as les aides. Maintenant c’est à toi de jouer.

Et si tu veux la suite, j’ai écrit un guide complet pour se lancer en freelance qui couvre tout de A à Z : statut, offre, pricing, prospection, premier client.

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