Augmenter son TJM freelance : le plan en 90 jours
Tu factures le même TJM depuis un an, peut-être deux, et tu te dis que c’est normal, que le marché est tendu, que tes clients vont partir si tu bouges d’un euro.
Soyons honnêtes, t’es coincé dans une boucle où tu bosses plus pour gagner pareil, et au fond tu sais que t’es sous-payé mais t’oses pas bouger, le truc c’est que ne pas augmenter ton TJM freelance, c’est pas de la prudence, c’est un risque bien réel.
Spoiler : dans cet article, je te donne le plan exact en 3 phases sur 90 jours que j’ai suivi pour passer de 240 à 500 euros par jour.
Pourquoi ton TJM stagne (et ce n’est pas qu’une question de compétences)
T’as appris de nouveaux frameworks, t’as empilé les missions, t’as des clients contents qui te recommandent, et pourtant ton tarif n’a pas bougé.
Bienvenue dans le syndrome de l’imposteur tarifaire.
C’est ce moment où tu te dis “je suis pas encore assez bon pour facturer plus”, alors que des freelances avec moins d’expérience que toi facturent 150 euros de plus par jour.
Le problème c’est pas ton niveau technique, c’est la petite voix dans ta tête qui te dit que si tu augmentes, tout le monde va disparaître. Ce blocage, ça se travaille.
Regarde les chiffres : selon le baromètre Malt 2026, le TJM médian d’un développeur expérimenté tourne autour de 550 à 650 euros, un consultant data senior dépasse souvent les 700 euros, et un product designer confirmé se positionne entre 500 et 600 euros. Si t’es en dessous, c’est pas parce que le marché ne paie pas, c’est parce que tu n’as pas encore osé demander.
Et tu n’es pas seul, selon l’INSEE, 4,4 millions d’indépendants en France, la concurrence est réelle, mais elle joue surtout en bas du marché, là où tout le monde se bat sur le prix au lieu de se battre sur la valeur.
Le vrai problème, c’est ta valeur perçue
Fixer son TJM, c’est pas un calcul comptable avec une vraie formule où tu divises ton ancien salaire par 18 jours et tu rajoutes 10%, c’est un signal que tu envoies au marché.
Un TJM bas dit “je débute, prenez-moi parce que je suis pas cher”, un TJM haut dit “je résous des problèmes que d’autres ne savent pas résoudre, et ça a un prix”.
Le truc c’est que tes clients ne savent pas combien tu vaux, ils savent combien tu demandes, et ils en déduisent ta valeur. Si tu demandes 300 euros, ils se disent que t’es un exécutant, si tu demandes 600 euros, ils se disent que t’es un expert.
C’est le même toi, les mêmes compétences, la même qualité de livrable.
C’est pas ta valeur réelle qui bloque, c’est ta valeur perçue.
Pour augmenter ton tarif freelance, faut d’abord changer ce que tu projettes, la manière dont tu te présentes, dont tu parles de tes résultats, dont tu cadres tes missions. Le reste, la technique, les outils, les certifications, ça vient en support, mais ça ne suffit jamais à justifier un prix.
Ce qui justifie un prix, c’est la confiance que ton client a dans le fait que tu vas lui faire gagner du temps, de l’argent ou les deux, c’est aussi simple que ça.
Jours 1 à 30 : auditer ton positionnement

Avant de toucher à quoi que ce soit, tu vas poser les chiffres sur la table, parce que la majorité des freelances n’ont aucune idée de ce qu’ils gagnent vraiment, ils regardent leur TJM brut et se racontent des histoires.
Le premier mois, t’as un seul objectif : comprendre où t’en es, et où t’as de la marge.
Calcule ton TJM plancher réel
Soyons honnêtes, ton TJM affiché c’est pas ton revenu, c’est un chiffre marketing.
Le truc c’est que personne ne facture 220 jours par an, entre la prospection, l’administratif, les congés, la formation, les jours creux entre deux missions, tu tournes plutôt entre 160 et 200 jours réellement facturables, et pour beaucoup c’est encore moins que ça.
Ajoute à ça les charges sociales, selon l’URSSAF, les cotisations sociales en micro-entreprise représentent entre 21% et 25% de ton chiffre d’affaires, sans compter la CFE, ta mutuelle, ton matos, tes logiciels.
La formule est simple : (revenu net annuel souhaité + charges totales) / nombre de jours réellement facturables.
Fais le calcul, maintenant, et si tu veux un résultat instantané, utilise notre simulateur TJM freelance gratuit pour poser les chiffres en 2 minutes.
Un freelance qui facture 400€/jour mais ne travaille que 150 jours dans l’année, il dégage environ 45 000€ brut, retire les charges et t’arrives à un net qui ferait pleurer un cadre en CDI à 45k€ qui a lui ses congés payés, sa mutuelle d’entreprise et son plan épargne.
C’est pas un TJM que t’as, c’est un mirage.
Ce chiffre plancher, c’est ta ligne rouge, en dessous tu perds de l’argent, c’est aussi simple que ça. D’ailleurs, si tu veux savoir combien garder en trésorerie pour être serein, c’est un calcul qui va de pair avec ton TJM plancher.
Trouve ta niche à forte valeur ajoutée
Maintenant que t’as ton plancher, faut comprendre comment passer au-dessus, et la réponse tient en un mot : spécialisation.
Spécialisation = rareté = tarif premium.
Va faire un tour sur Malt, Free-Work, regarde l’étude Hays 2026 sur les rémunérations tech, les écarts sont brutaux, un développeur “fullstack JS” facture entre 350€ et 500€/jour, un expert IA/ML entre 750€ et 1500€/jour.
Les seniors gagnent en moyenne 2,4 fois plus que les juniors selon l’étude Jobbers 2026, mais c’est pas juste une question d’années d’expérience, c’est une question de positionnement.
Tu fais “un peu de tout” ?
Tu te tires une balle dans le pied.
Le marché récompense les spécialistes, pas les couteaux suisses, quand un client a un problème précis il veut quelqu’un qui l’a déjà résolu dix fois, pas un généraliste qui va “s’adapter”.
Pendant ces 30 premiers jours, identifie le croisement entre ce que tu fais bien, ce qui te plaît, et ce que le marché paye cher, c’est là que se trouve ta niche rentable. Si tu veux un diagnostic rapide de ton positionnement actuel, fais le quiz niveau freelance pour savoir exactement où tu te situes.
Faut pas se mentir, si ta spécialisation actuelle est saturée et mal payée, c’est peut-être le moment de pivoter.
Jours 31 à 60 : construire ta crédibilité
T’as fait le diagnostic, t’as les chiffres, tu sais où t’en es, maintenant faut que le marché le sache aussi.
Le problème de 90% des freelances, c’est qu’ils se vendent comme des exécutants, “Je fais du React, du Node, du DevOps” cool, et alors ? Le client veut pas une liste de technos, il veut savoir combien tu vas lui rapporter.
Reformule tes réalisations en résultats chiffrés
Ce qui compte, c’est ce que t’as généré. “Développé une application React” ça vaut zéro dans la tête d’un décideur, “Réduit le temps de chargement de 3s à 0.8s, ce qui a augmenté les conversions de 23%” ça vaut de l’or.
Tu vois la différence ?
Le premier dit “je sais coder”, le deuxième dit “je fais gagner de l’argent” et c’est le deuxième qu’on paye cher.
Utilise le format ORS pour chaque projet de ton portfolio : Objectif du client, Résultat obtenu, Solution mise en place, dans cet ordre, tu commences par le pourquoi, tu montres le combien, et seulement après tu expliques le comment.
Ton portfolio doit répondre à une seule question : combien tu rapportes, pas qu’est-ce que tu sais faire, pas quelles technos tu maîtrises, combien tu rapportes.
C’est aussi simple que ça.
Active ta preuve sociale
Soyons honnêtes, tu peux raconter ce que tu veux sur ton profil, sans preuve sociale personne te croira.
Première étape : récolte des recommandations sur Malt, sur LinkedIn, partout où t’es présent, demande à tes anciens clients un témoignage précis, avec des chiffres si possible, un “super boulot” ça sert à rien, un “il a doublé notre taux de conversion en 3 semaines” ça change tout.
Deuxième étape : publie du contenu expert, un à deux posts LinkedIn par semaine, des retours d’expérience concrets, des analyses de problèmes que t’as résolus. Et pour que ces posts te ramènent vraiment du business, assure-toi que ton profil LinkedIn est optimisé pour convertir.
Tu te positionnes comme celui qui comprend les enjeux business, pas comme celui qui attend qu’on lui donne un ticket Jira.
Jeremy, développeur web, a appliqué exactement cette méthode, en un mois il a eu quatre prises de contact concrètes, dont deux missions signées, avec un TJM à 500€ sur un an.
Le truc c’est que ça marche parce que tu deviens visible là où les décideurs cherchent.
D’ailleurs si t’hésites encore sur quelle plateforme te positionner, jette un œil à notre comparatif des plateformes freelance en France pour choisir celle qui correspond à ton positionnement.
C’est pas du personal branding creux, c’est de la preuve concrète que tu vaux ce que tu demandes.
Jours 61 à 90 : augmenter et communiquer

T’as fait le travail, t’as posé ton positionnement, t’as collecté tes preuves, t’as un portfolio qui parle pour toi maintenant on passe à l’action concrète.
Le moment de facturer ce que tu vaux vraiment.
Nouveaux clients, nouveau tarif
La beauté du truc avec les nouveaux clients, c’est qu’ils ne connaissent pas ton ancien tarif, pour eux, tu vaux ce que tu annonces, point final.
Quand j’ai lancé mon activité en avril 2024, mon TJM était à 240€, aujourd’hui il est à 500€, en moins de 2 ans, j’ai doublé mon TJM.
La différence entre ces deux versions de moi, c’est pas juste les compétences, c’est la posture.
La posture fait la différence entre 400€ et 600€.
Tu annonces ton tarif, tu te tais, tu laisses le silence faire le travail, pas de “bon voilà c’est mon tarif mais on peut en discuter hein”, pas d’excuses, pas de justifications nerveuses.
Tu donnes ton prix comme tu donnes l’heure. Et si malgré tout le client objecte, les scripts pour répondre aux objections prix te donnent exactement quoi dire.
Si tu prospectes activement pour trouver ces nouveaux clients au bon tarif, assure-toi d’abord de ne pas tomber dans les 7 vraies raisons d’être freelance sans client.
Clients existants : transition progressive
Avec tes clients actuels, faut jouer finement, pas de surprise, pas de choc.
Préviens 1 à 2 mois à l’avance, toujours, c’est une question de respect et de professionnalisme, mais c’est aussi stratégique, tu leur laisses le temps de valider le budget en interne.
L’augmentation idéale c’est 10 à 15% par palier, pas le double du jour au lendemain.
Ton script est simple : “Mon tarif évolue à X€ à partir du [date]. Voici ce qui a changé dans mon expertise et mes résultats depuis qu’on travaille ensemble.”
Tu vends la valeur, pas le temps, tu montres les résultats concrets que t’as générés, les compétences que t’as ajoutées, l’impact mesurable sur leur business.
Et la bonne nouvelle ? Selon l’étude Jobbers 2026 sur l’évolution des TJM, 78% des entreprises préfèrent garder leur freelance spécialisé plutôt que d’en chercher un nouveau, le coût de remplacement, la perte de contexte, le temps de recrutement, tout ça joue en ta faveur.
Ton client le sait. Toi aussi maintenant.
Ce que tout le monde demande sur le TJM
Quand augmenter son TJM ?
Minimum une fois par an pour suivre l’inflation, ça fait +2 à 3% et c’est non négociable mais le vrai signal que t’attends, c’est quand tu commences à refuser des missions par manque de temps.
Si t’as plus de demandes que de disponibilités, tes clients sont prêts à payer plus, t’as juste pas encore osé leur demander.
Comment justifier une augmentation auprès d’un client ?
Tu ne justifies pas, tu annonces, “Mon tarif évolue à X€” c’est tout et si vraiment tu dois argumenter, montre tes résultats concrets, tes nouvelles compétences, les benchmarks du marché.
Le client qui refuse 10% de hausse après un an de collaboration réussie, c’est pas un client qui te valorise, c’est un client qui te consomme.
De combien augmenter sans perdre de clients ?
5 à 10% par an, c’est le standard sans friction, personne ne bronche, 15 à 20% si t’as acquis une nouvelle expertise ou une certification qui change la donne.
Au-delà, on parle d’un repositionnement complet, et un repositionnement complet ça veut dire nouveau positionnement, nouveaux clients, nouvelle cible.
Augmenter ton TJM, c’est pas un caprice, c’est de la survie économique, chaque année où tu ne bouges pas, tu perds du pouvoir d’achat, tu t’épuises à courir après le volume au lieu de miser sur la valeur.
90 jours, 3 phases, un plan concret, t’as les chiffres, t’as la méthode, t’as les scripts, le seul truc qui te sépare d’un TJM qui te fait vivre correctement, c’est de passer à l’action.
Commence ce soir, ouvre un tableur, calcule ton TJM plancher réel, et regarde la différence avec ce que tu factures aujourd’hui et si l’écart te fait grimacer, t’as ta réponse.
Et si tu veux aller plus loin dans ta stratégie de positionnement, jette un œil à notre guide pour être visible sur Malt en 2026.